Le choix du joint pour un carrelage n’est pas qu’une question d’esthétique : il conditionne la durabilité, l’entretien et la résistance aux agressions (eau, produits, salissures). Entre le joint époxy et le joint ciment hydrophuge, les différences techniques et pratiques sont nettes. Cet article détaille les propriétés de chaque matériau, donne des conseils de pose et d’entretien, et propose des recommandations selon la pièce et l’usage.
Principes et propriétés générales
Le joint ciment hydrophuge est une évolution du mortier de ciment traditionnel, formulé pour réduire l’absorption d’eau et limiter les efflorescences. Il reste relativement poreux et doit souvent être protégé par un hydrofuge ou scellé pour conserver ses performances sur le long terme. Le joint époxy, lui, est composé d’une résine et d’un durcisseur qui, en polymérisant, forment une matrice quasiment non poreuse. Cette structure confère à l’époxy une excellente imperméabilité et une résistance élevée aux taches et aux produits chimiques.
Avantages de l’époxy
- Étanchéité très élevée, idéale pour les zones constamment exposées à l’eau (douches, piscines, sols extérieurs exposés).
- Résistance aux taches et aux produits ménagers, moins d’entretien intensif.
- Aspect souvent plus uniforme et finition plus brillante selon la formulation.
Limites de l’époxy
- Pose plus technique : mélange précis, temps de travail limité, nécessité d’outils adaptés pour un lissage propre.
- Réparations ponctuelles plus complexes : il est parfois nécessaire de rattraper des zones en coupe plutôt que par simple re-jointoiement.
- Coût matériel supérieur et parfois coûts de main d’œuvre plus élevés si confié à un professionnel.
Avantages du ciment hydrophuge
- Prix généralement plus bas et disponibilité large.
- Pose accessible au bricoleur motivé, retouches locales simples.
- Aspect et textures variées, possibilité d’ajouter des pigments facilement.
Limites du ciment hydrophuge
- Porosité supérieure à l’époxy, ce qui nécessite parfois l’application d’un hydrofuge ou d’un scellant pour les zones humides.
- Entretien plus exigeant dans le temps : risque de tâches, formation de mousse ou moisissures si mal ventilé.
Esthétique et choix de la couleur
La couleur du joint influence la perception de l’espace : les tons sur ton agrandissent visuellement, alors que le contraste attire l’œil et structure le carrelage. Un noir ou anthracite masque mieux les salissures et convient pour les crédences ou zones de cuisson. Un gris moyen est souvent un bon compromis pour les sols et les salles de bains, car il masque légèrement les traces sans alourdir la pièce. Le blanc peut illuminer, mais demande un entretien plus fréquent.
Conseil pratique
Faire un test sur une zone peu visible avec la matière choisie (époxy ou ciment hydrophuge) permet d’évaluer le rendu final et la facilité d’entretien. Appliquer un échantillon et l’exposer à l’eau et aux produits ménagers simule l’usage réel.
Pose, outillage et entretien
Pour l’époxy, prévoyez raclette en caoutchouc, truelle, seaux propres, gants, lunettes et éventuellement un masque. Bien respecter les dosages et le temps de travail est essentiel pour éviter les traces et assurer une polymérisation complète. Les conditions environnementales (température, humidité) influencent les temps de séchage. Pour le ciment hydrophuge, l’outillage reste classique (croisillons, éponge, taloche), mais la propreté et le rinçage régulier pendant la pose restent cruciaux.
Entretien courant : pour l’époxy, un nettoyage doux suffit (eau savonneuse, chiffon microfibre). Pour le ciment hydrophuge, il est conseillé d’appliquer de temps en temps un nettoyant non agressif et un hydrofuge si des signes d’absorption apparaissent.
Budget et recommandations selon les pièces
Le coût global dépend du matériau et du recours à un professionnel. En règle générale, l’époxy coûte plus cher à l’achat et demande souvent une pose par un spécialiste pour garantir un résultat optimal. Le ciment hydrophuge est plus économique et adapté aux budgets serrés ou aux travaux réalisés en autonomie.
Recommandations pratiques :
- Salle de bain et douches à l’italienne : privilégier l’époxy pour une étanchéité maximale.
- Piscines et zones fortement exposées à des produits chimiques : époxy recommandé.
- Sols intérieurs non humides, pièces à vivre : ciment hydrophuge ton sur ton pour un bon compromis esthétique/économique.
- Crédences de cuisine : époxy pour résistance aux projections grasses, ou ciment hydrophuge bien traité si contraste et budget sont prioritaires.
Le choix entre époxy et ciment hydrophuge dépend avant tout de l’usage et du niveau d’exigence en matière d’étanchéité et d’entretien. L’époxy apporte performance et durabilité dans les zones humides et exigeantes, au prix d’une pose plus technique et d’un coût supérieur. Le ciment hydrophuge offre une solution économique et réparable facilement, adaptée aux espaces moins sollicités par l’eau. Tester un échantillon et estimer précisément la main d’œuvre restent des étapes essentielles pour prendre la bonne décision.





