Les travaux d’extension et d’aménagement
menés au Centre Hospitalier du
Pays d’Aix à Aix-en-Provence (13)
représentent la plus grosse opération
hospitalière récente réalisée en région
PACA. Les systèmes céramiques y sont très
largement représentés, tant dans les zones
d’hébergement des patients que dans les
locaux réputés sensibles. Un parti pris
motivé par la direction de l’établissement
qui, dès 1989, a associé son personnel
soignant à la réflexion ayant abouti à la
construction de l’aile Jacques de la Roque.
Trois ans de travaux ont été nécessaires pour
équiper l’établissement, inclus dans l’agglomération
urbaine, d’un nouveau bâtiment.
Inaugurée à la fin de 1997, l’aile Jacques de
la Roque est composée de 2 parties de 4
niveaux. D’une part, véritable poumon de
l’hôpital, le plateau technique regroupe
plusieurs services. Cette partie triangulaire de
l’établissement s’insère au coeur de
l’ensemble hospitalier. D’autre part, en avant
de ce plateau technique, l’hébergement des
patients, installé dans un bâtiment linéaire,
comporte 4 modules carrés similaires, de style
architectural résolument méditerranéen.
Le Centre Hospitalier du Pays d’Aix incarne
l’hôpital du troisième millénaire. Il intègre une
prise en compte plus importante de l’individu
en concrétisant le “ mieux-vivre l’hôpital ”. Les
conditions d’hospitalisation sur le plan hôtelier
ont été améliorées et la sécurité accrue par la
qualité du plateau technique.
Plusieurs critères ont présidé au choix des
matériaux : les contraintes techniques et
architecturales du lieu, l’absolue nécessité de
pérennité et l’optimisation des coûts d’entretien
et de fonctionnement.
Les systèmes céramiques, présents dans toute
l’aile Jacques de la Roque, contribuent à
atteindre les objectifs ambitieux que Maître
d’ouvrage et Maîtres d’oeuvre s’étaient fixés.
Mireille Chevigné peut se prévaloir d’une
solide expérience du monde hospitalier :
après le CH d’Arles et les Hospices civils de
Beaune, elle est aujourd’hui directeur adjoint
du Centre Hospitalier du Pays d’Aix. Elle
exprime ici son opinion quant aux systèmes
céramiques, appliqués au domaine de la
santé.
Comment les nouveaux bâtiments de
l’hôpital ont-ils été conçus ?
Ils sont le fruit d’une concertation étroite entre
les architectes, les médecins et le personnel.
Notre objectif était de concevoir l’hôpital de
demain, c’est-à-dire un bâtiment moderne et
fonctionnel pour nos équipes, pouvant
s’adapter aux évolutions permanentes d’un
service hospitalier et offrant un cadre de vie
plus agréable pour nos patients. Devant la
complexité de ce programme, partager
l’expérience de chacun était indispensable.
Après 3 années d’exercice, nous avons le
recul suffisant pour tirer les conclusions des
choix que nous avons faits.
Comment les revêtements de sol dans l’aile
Jacques de la Roque ont-ils été traités ?
Toutes les zones, y compris les plus stériles,
comme les salles d’opération, sont revêtues
de carrelage. Cette volonté de chacun
d’équiper le bâtiment de sols carrelés s’est
affichée très nettement dès le départ… et ce,
malgré les a priori que nous pouvions
ressentir à l’égard de l’hygiène et des joints
entre carreaux.
Les salles de soins ne nous préoccupaient pas
particulièrement. Il s’agissait plutôt du bloc
opératoire et de la stérilisation centrale où les
sols ne sont pas sensés présenter de joints…
en tout cas, pas de joints poreux. La solution,
dans ces zones, a été de remplir les joints à
l’aide de mortier à base de résine époxy.
Nous avons également envisagé le bruit que
pourraient générer les roues de chariots sur ce
type de matériau. Sur ce dernier point, nous
avons compris qu’il fallait être vigilant quant à
la nature des roues du matériel.
Finalement, je dirais que lorsque l’on fait le
rapport avantages / inconvénients, nous
sommes très satisfaits de la qualité des sols et
de leur résistance.
Votre préoccupation quant à l’hygiène
était-elle fondée ?
Bien entendu, dans l’univers hospitalier la
préoccupation de l’hygiène est fondamentale.
La qualité des sols céramiques et des joints
mis en oeuvre nous a permis de répondre en
tous points aux besoins qui étaient formulés.
Et celle concernant le bruit ?
Là encore, il s’agit d’un problème important
pour les malades hospitalisés, qui ne doit pas
être négligé. Néanmoins, en adaptant le matériel
roulant et les chaussures du personnel à
ce type de sol, on peut considérer que le résultat
est très satisfaisant et, en tout état de
cause, les avantages procurés au titre de la
propreté et de la durabilité sont nettement plus
importants que les éventuelles nuisances dues
au bruit.
Quelles étaient les motivations du
personnel soignant pour préférer le
carrelage en bloc opératoire ?
Il y a eu débat sur ce sujet car le personnel
était en faveur du carrelage, contrairement aux
hygiénistes qui préféraient le sol souple. Le
problème avec le sol souple, c’est qu’il s’abîme
énormément. En bloc opératoire, le matériel
véhiculé est très, très lourd. Toutes les
tables d’opération sont aujourd’hui mobiles :
elles vont chercher le patient à l’entrée du bloc
et le ramène en salle de réveil. Il y a aussi les
amplis de brillance et tous les gros appareils
de radio peropératoires. Sur un revêtement de
sol souple, c’est encore plus difficile à manipuler.
Le personnel était très sensible à cela.
Cela était également valable pour les circulations
où il s’agit de véhiculer les brancards, et
les chambres de patients où nous avons
choisi des lits ultramodernes et très confortables,
mais aussi assez lourds.
 Et les murs, comment sont-ils habillés ?
Il y a aussi beaucoup de carrelage, notamment
en stérilisation centrale et en hébergement.
Par souci de bien-être et de qualité d’accueil,
chaque chambre de patient est équipée d’une
salle d’eau qui, à quelques détails près, pourrait
être celle d’un hôtel. Je ne voulais pas de
ces systèmes monoblocs que l’on trouve
aujourd’hui, où les patients vont aux toilettes
les pieds dans l’eau, où il y a une bonde centrale.
Je trouve cela épouvantable. Les salles
d’eau sont carrelées en sol comme en mur :
derrière le lavabo et les toilettes, sur
les parois de la douche et son plan
horizontal… Partout. Nous sommes satisfaits,
nous n’avons jamais eu de problème depuis.
 Vous êtes aussi gestionnaire. Voyez-vous
une différence entre le coût d’entretien
d’un sol souple et celui d’un revêtement
carrelé ?
Je ne peux pas vous répondre de façon aussi
précise… Nos anciens bâtiments sont encore
équipés de sols souples. Nous avons donc un
élément de comparaison. Ce que je peux dire,
c’est qu’à mise en oeuvre de moyens financiers
équivalents et à technique appropriée à
la nature du revêtement, la propreté du sol
céramique est bien supérieure. Peut-être
qu’avec des moyens plus importants, nous
arriverions à un rendu identique avec un sol
souple… Nous n’avons pas étudié un coût
d’entretien différent ; nous avons constaté,
pour un coût identique, un résultat différent,
supérieur en carrelage. Certains ont tenté de
nous convaincre que l’on pouvait obtenir de
bons résultats avec du sol souple, mais un
problème reste rédhibitoire : la population
hospitalière est très mal éduquée et fume
partout. Aujourd’hui, aucun sol souple ne m’a
convaincue sur l’aspect propreté.
Radiologie d'un hopital... |
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- Le Centre Hospitalier du Pays d’Aix compte 804 lits et places
(589 lits de court séjour - médecine, chirurgie, obstétrique ; 81 lits de moyen séjour - rééducation et moyen séjour personnes âgées ; 134 lits de long séjour)
- Surface totale du plateau technique, incluant les circulations : 13800 m²
- Activité : zone desservie : 340 000 habitants. 1 572 agents travaillant à plein temps ou à temps partiel dont 75 % de personnel soignant et médico-technique, 13 % de personnel administratif et 12 % de personnel technique et ouvrier. 243 médecins. Plus de 60 000 entrées par an et 126 000 consultants. 130 admissions quotidiennes dans le service des Urgences |
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Composition du plateau technique :
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- Pharmacie (2 100 m2) : locaux de stockage, salle équipée de 2 automates de distribution, centrale de fabrication des produits injectables
- Stérilisation centrale (600 m2)
- Antenne de l’Etablissement de Transfusion Sanguine (300 m2)
- Service des Urgences générales et psychiatriques (3 000 m2) :
2 salles de déchocage pour urgences vitales, 1 salle d’opération, 12 salles d’examen et de soins, 1 salle de radiologie numérisée, 4 chambres, 6 box de surveillance continue, 1 centre d’accueil et de traitement psychiatrique
- Bloc opératoire central et service d’anesthésie (2 300 m2) : 11 salles d’opération, 1 salle de surveillance post-interventionnelle de 18 places
- Services de réanimation et de surveillance continue (1 800 m2) :
10 chambres individuelles pour chaque service |
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Les intervenants |
Maître d’ouvrage : Centre Hospitalier du Pays d’Aix, Aix-en-Provence (13)
Maîtres d’oeuvre : Groupe 6 Architectes, Grenoble (38)
(mandataire) – Agence RCT Architectes Associés, Aix-en-Provence (13) – M. Bonnier, architecte, Aix-en-Provence (13)
– Mediteg BET, Marseille (13)
Assistance au Maître d’ouvrage : SCIC AMO, Marseille (13)
Contrôleur technique : Afitest, Aubagne (13)
Pilote de l’opération : SCO, Aubagne (13) |
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