La Cité universitaire Charles de Gaulle
à Villeneuve d’Ascq a subi une cure
de jouvence. Des milliers de mètres
carrés de résine ont été remplacés par un
revêtement céramique.
Pascal Célisse, responsable du service
maintenance de l’Université, et Pierre Thélot,
architecte de l’agence Quatr’a, Maître
d’oeuvre de l’opération, détaillent cette
réalisation.
Quel était l’état de l’ancien revêtement ?
Pierre Thélot (TP) : La surface existante était
constituée d’une résine coulée sur un genre
de brai, lui-même sur une dalle béton. La
résine se décollait souvent, formant, dans un
premier temps, des soufflettes qui éclataient
et finissaient par partir par plaques.
Pascal Célisse (CP) : Lorsque cela arrivait,
nous découpions proprement les soufflettes et
réalisions des raccords. Nous avions également
de gros soucis de rayures.
Pourquoi avoir choisi la solution céramique
lors de la réhabilitation ?
TP : Au départ, nous avons hésité : pouvions nous
raisonnablement couler une nouvelle
résine sur l’ancienne dans un tel état ? Nous
n’avons pas voulu courir ce risque. Le bureau
de contrôle nous a suivi, nous avons effectué
des tests d’arrachement dont les résultats
étaient satisfaisants pour mettre en oeuvre un
revêtement céramique. Cette solution nous
convenait également car elle nous permettait
de jouer avec les couleurs des grès cérame
qui nous étaient proposées. Nous avons conçu
une signalétique par étage, variable en
fonction de la matière enseignée.
CP : Toutes les zones soumises à un trafic piétonnier
intense ont été revêtues de carrelage.
La résistance à l’usure était un des arguments
essentiels puisque nous avons des grands
halls où le passage piéton est incessant. Cette
université accueille 25 000 étudiants. C’est
énorme ! Nous disposons de très grands
amphithéâtres de 800 places. Ils s’emplissent
et se vident continuellement dans les grands
halls et les circulations. Quand cette masse
déferle à plusieurs reprises dans la journée
pendant plusieurs années, le revêtement est
soumis à rude épreuve.

Avec une telle fréquentation, l’entretien doit
être très lourd ?
CP : En effet. Ici, l’entretien est externalisé. Les
entreprises utilisent des engins lourds. La
première étape du nettoyage consiste à
dépoussiérer les sols. Ensuite, les opérateurs
passent les autolaveuses. Les revêtements
doivent absolument résister à l’eau, ne pas se
décoller à son contact. C’est une des raisons
pour lesquelles les grands halls, les circulations
et les salles de classe sont revêtus de
grès cérame. Les systèmes céramiques ont
résolu nos soucis d’entretien et d’usure.
TP : Et puis, il y avait les brûlures de
cigarettes ! Comme il est interdit de fumer
dans les établissements publics, ceux-ci sont
rarement équipés de cendriers… Ce qui
n’empêche par les étudiants de fumer et de
jeter leurs cigarettes par terre. Le sol finit par
être maculé de traces. Là encore, le carrelage
est la seule solution fiable dont nous
disposions.
Quelles solutions acoustiques avez-vous
mises en oeuvre ?
TP : Nous avons simplement prescrit un
assour, désolidarisé les cloisons des
revêtements de sol et préconisé des plafonds
acoustiques. La solution semble adaptée
puisque le bâtiment a été mis en service pour
la rentrée 1999 et, jusqu’à aujourd’hui,
personne n’a émis de remarques concernant
le bruit !

Par rapport à la somme des contraintes
auxquelles vous étiez confrontés, la solution
céramique vous semble-t-elle être la seule
réponse possible ?
CP : Oui, d’autant plus que dans certaines
zones nous sommes au contact direct de
l’extérieur.
TP : Pour moi également, c’est un “ oui ”
catégorique.
Les intervenants |
Maître d’ouvrage : Université de Lille 3, Villeneuve d’Ascq (59)
Maître d’oeuvre : Quatr’A, La Madeleine (59)
Bureau d’étude : Séchaud et Bossuyt, Lille (59)
Bureau de contrôle : Socotec, Lille (59) |