Le groupe scolaire Jean de la Fontaine à Yssingeaux (43) a récemment été
restructuré et agrandi. Jean Fargette,
architecte de ce programme avec Luc
Ségard, explique cette opération complexe
où les systèmes céramiques jouent un rôle
important.
En quoi les travaux ont-ils consisté ?
L’établissement n’était plus du tout adapté à
sa destination. L’entrée, située au sud,
remplissait plusieurs fonctions : elle accueillait
les élèves le matin, les livraisons dans la
journée et faisait également office de cour de
récréation. Pour que les enfants soient seuls à
disposer de cet espace, nous avons décidé
d’inverser totalement le fonctionnement de
l’école. Nous avons donc conçu une entrée sur
la façade nord. Elle se compose d’un hall
monumental desservant le corps central, l’aile
ouest occupée par l’école primaire et l’aile est
qui accueille en partie l’école maternelle et en
partie l’école primaire. Le troisième et dernier
étage du corps central héberge une unité spécialisée
pour les enfants à problèmes.
Il y a donc une partie ancienne
et une partie neuve…
Tout à fait. Nous avons greffé une architecture
résolument contemporaine sur un bâtiment
datant de la fin du XIXe siècle. Les
revêtements céramiques ont contribué à
concrétiser cette accroche sur le bâti existant.
La pose en damiers est une figure courante de
l’architecture classique. Elle nous a permit
d’avoir une vision cinétique des sols. C’est ce
que nous recherchions. Plutôt que de poser un
carrelage de façon banale, nous avons souhaité
dynamiser ces surfaces. La pose est tantôt
droite, tantôt en diagonale. Nous voulions que
les sols soient animés au même titre que nous
avons créé une animation par le biais des
passerelles, comme suspendues dans
l’espace.
Pour la maternelle, nous avons choisi d’autres
tonalités plus douces mais à la fois plus
marquées, pour tenir compte des enfants de
bas âge et aider à leur développement.
Le sol de l’unité d’aides spécialisées
présente un autre motif que les damiers…
En effet. Nous voulions que ce balcon soit une
cour de récréation pour les enfants en difficulté.
Nous avons utilisé les ressources décoratives
des revêtements céramiques pour créer
une marelle avec laquelle les élèves jouent.

Quels sont, pour cette réalisation en particulier,
les atouts des systèmes céramiques ?
D’une part, la facilité et la légèreté d’entretien,
et d’autre part, la résistance des matériaux qui
nous a permis de concevoir un bâtiment dont
la pérennité répond au souhait du maître
d’ouvrage. Dans cette école, qui reçoit quotidiennement
plus de 500 élèves, les locaux
sont soumis à des sollicitations extrêmes et les
revêtements choisis doivent y résister.
Le volume du hall d’entrée est important.
Les espaces de restauration sont eux aussi
revêtus de carrelage. Qu’en est-il de
l’acoustique ?
Les enfants qui évoluent ici ont de 4 à 11 ans,
c’est-à-dire l’âge où ils sont très remuants ! Il
fallait donc particulièrement soigner la correction
acoustique. Elle a été traitée de façon globale
dès le début de la conception. Dans le
hall, les murs sont revêtus de bois incorporant
un feutre acoustique. Les plafonds, dont la
face inférieure est perforée, concourent également
à la corriger. Dans la cantine, nous avons
appliqué les mêmes principes et avons préconisé
des piétements de chaises et de tables
équipés d’embouts de caoutchouc. Après
4 années d’exercice, Nous sommes pleinement
satisfaits et les enseignants aussi.

Les intervenants |
Maître d’ouvrage : Commune d’Yssingeaux (43)
Architectes : Jean Fargette, Le Puy en Velay (63)
Luc Segard, Yssingeaux (43)
Economiste : Bureau BMV, Brives-Charensac (43)
BET structure : J.-Claude Usson, Le Puy en Velay (63) |