Construit il y a cinq cents ans, le
Château de La Caze, situé à
Sainte-Enimie (48) au coeur des
gorges du Tarn, est aménagé en hostellerie
de grand luxe (4* NN). Les cuisines
existantes, situées en sous-sol, ont été
récemment réaménagées et adaptées aux
exigences d’un établissement de ce niveau.
Une opération commentée par son maître
d’oeuvre : Didier Blanc de l’agence
d’architecture Bastide et Blanc.
Comment se présentaient les sols de
l’ancienne cuisine ?
Ils n’étaient pas du tout adaptés à l’exercice de la
cuisine ! Ils étaient fortement dégradés. Il
fallait faire de ce lieu un espace hygiénique et
réintégrer l’alimentation et l’évacuation des
fluides. La première étape a été de confectionner
une dalle de béton neuve, sur laquelle nous
avons ensuite mis en oeuvre un revêtement
adapté aux contraintes qu’allait générer l’activité.
Justement, quelles sont les contraintes
propres aux revêtements des cuisines
collectives ?
Les sols doivent assurer un niveau d’hygiène
élevé, garantir la sécurité du personnel
évoluant dans le local et offrir une bonne
résistance mécanique. Quant aux murs, leur
résistance aux chocs est tout aussi importante
et ils doivent également contribuer à
préserver l’hygiène.
Vous avez préconisé les systèmes
céramiques. Quelles sont les motivations
de ce choix ?
Sans hésitation, la pérennité conférée à l’ouvrage,
la facilité d’entretien et de mise en
oeuvre. Nous devions pour cette réalisation
épouser une configuration de local un peu
compliquée : la cuisine est reliée par un
réseau de circulations étroites à des espaces
de stockage. En outre, les revêtements céramiques
nous permettaient de répondre à
toutes les contraintes évoquées il y a quelques
instants.
Comment avez-vous traité les sols ?
La pose scellée s’est effectuée sur dalle sur
terre-plein ; aucune étanchéité n’a donc été
mise en oeuvre. Nous avons opté pour un grès
cérame U4 P4 E3 C2, à structure antidérapante,
de format 20x20, associé à des plinthes à
gorge. C’est un bon format pour ce type d’usage,
car les joints participent à la résistance à la
glissance. Un format plus grand nous aurait
amenés à choisir des reliefs plus importants,
ce qui aurait pu nuire à la facilité de nettoyage.
De plus, ce format facilite la réalisation des
formes de pente, essentielles pour diriger les
eaux résiduelles vers les siphons de sol en
inox. Les joints sont remplis à l’aide d’un mortier,
adjuvanté d’une résine latex.
 Comment avez-vous défini le degré de
résistance à la glissance ?
Nous nous sommes appuyés sur les recommandations
de la réglementation allemande
pour ce type d’ouvrage qui considère qu’un
carreau classé R12 V4 est un bon compromis
entre l’antiglissance et le nettoyage.
Les murs sont-ils eux aussi carrelés ?
Oui, tout à fait. A la faïence, nous avons préféré
des carreaux de grès émaillé pour leur
meilleur comportement aux chocs. Les
formats choisis, 10x20 et 20x20, sont
modulaires pour une question de calepinage et
de décoration.
Pensez-vous qu’un autre matériau aurait pu
répondre à vos exigences ?
Non, je ne le crois pas. La volonté du Maître
d’ouvrage était d’aboutir à une réalisation
alliant qualité et pérennité. Les qualités intrinsèques
des systèmes céramiques nous ont
permis de répondre d’autant mieux à ces
attentes que le carrelage est un matériau facile
à entretenir, dans la mesure où les produits
de nettoyage utilisés sont bien adaptés.

Les intervenants |
Maître d’ouvrage : SELO Lozère (Société d’économie mixte d’équipement pour le développement de la Lozère), Mende (48)
Maîtres d’oeuvre : P. Bastide et D. Blanc, architectes, Rodez (12)
Bureau d’Etude : BET INSE, Rodez (12) |
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