| Situé à 5 km de Rennes, dans une zone
résidentielle et d’activité en pleine
expansion, le centre commercial Opéra développe
ses 17 000 m2 autour d’un hypermarché de
5 000 m2 de vente. Le plan classique intègre 45
magasins et une cafétéria. C’est une
réalisation tout droit tirée des légendes
de la forêt de Paimpont que nous explique Roger
Le Page, architecte de l’agence Design Architectural,
maître d’œuvre de l’opération. Pourquoi avoir choisi le thème de
la Bretagne verte pour cette réalisation ?
Notre objectif, en tant que concepteurs spécialisés
en réalisation d’équipements commerciaux,
a été d’enraciner le centre commercial
sur son site en créant une architecture puisant
son inspiration dans le patrimoine culturel et naturel
de la région. Notre cahier des charges était
clair : Loïc Bazantay, directeur général
de Aedifis, maître d’ouvrage de l’opération,
souhaitait un centre commercial valorisant, disposant
d’une identité propre dont les visiteurs
parleraient. Nous avons donc choisi de célébrer
la forêt de Brocéliande, les légendes
du roi Arthur, de la fée Viviane et de Merlin
l’Enchanteur. Tout a été mis en
œuvre pour oublier le cadre construit. La décoration
accorde une large place aux matériaux naturels
: bois de chêne, menhirs… L’eau est
présente par l’intermédiaire d’un
bassin recréant la fontaine naturelle des forêts.
Le sol, pour sa part, prend des allures de chemins forestiers.
Esthétiquement, ce centre commercial est probablement
le plus écologique jamais réalisé
en France.
Comment le sol a-t-il participé
à traduire cette atmosphère ?
Comme toujours, le choix du revêtement de sol
est pour nous d’une importance fondamentale. Pour
ce site très particulier, il nous fallait conserver
un aspect très naturel par les couleurs et la
texture même des matériaux. Nous ne voulions
bien évidemment pas de motifs géométriques.
Rapidement, la solution s’est imposée.
Le grès cérame nous permettait d’une
part, d’obtenir ce rendu naturel et d’autre
part, de répondre aux contraintes techniques
auxquelles nous étions confrontés.

Quelles étaient ces contraintes
techniques ?
Les mêmes que dans tout centre commercial : résistance
maximale des matériaux, maintenance à
long terme d’un point de vue de gestion du centre
commercial la plus facile et économique possible.
Tout cela en contrepartie, et cela ne va pas forcément
de paire, d’une esthétique très
agréable et identifiable, dans un budget le plus
réduit possible. En réponse à ces
critères, essentiels dans un centre commercial,
seul le grès cérame donne entière
satisfaction. Nous avons prescrit un carreau classé
U4 P4 E3 C2. L’intensité et la nature du
trafic l’exigeaient. Les boutiques sont approvisionnées
par la galerie et le matériel de nettoyage utilisé
justifiait ce classement.
Pourquoi d’autres matériaux,
comme le granit ou le marbre par exemple, n’auraient-ils
pas pu convenir ?
Nous voulions prescrire un matériau brut car
nous ne concevions pas un hall d’immeuble. Un
marbre brut était impossible car son entretien
aurait été une catastrophe. De plus, sa
rugosité de surface aurait freiné les
pas des visiteurs et fouler ce sol aurait été
fatigant. Pour ce qui concerne le granit, s’ajoutaient
la question du coût, ainsi que celle des coloris
qui ne nous convenaient pas. Avec les couleurs dont
nous disposions, nous ne pouvions pas obtenir cet effet
de sous-bois que nous recherchions. Le sol aurait été
trop marqué. L’ambiance compte énormément
dans les galeries commerciales. La concurrence veut
que les prix soient partout à peu près
identiques, les enseignes présentes à
l’intérieur des galeries sont pratiquement
les mêmes. Seule, l’ambiance peut marquer
la différence.

Les intervenants |
Maître
d’ouvrage : Aedifis, Saint-Grégoire
(35)
Architecte bâtiment : Archipole, Rennes (35)
Architecte d’intérieur : Design Architectural,
Ablon-sur-Seine (94)
Sculpture :Pierre Manoli, Paris
Bureau d’étude :SNCMA, Saint Brieuc
(22)
Contrôleur technique : SOCOTEC, Cesson Sévigné
(35) |
|