La Solution Céramique / En locaux agroalimentaires / Mise en oeuvre
EN LOCAUX AGROALIMENTAIRES
Durabilité
Hygiène
Sécurité
Résistance au feu MO
Esthétique
Entretien
Economie / Coût global

 

• Obligations réglementaires

Avril 2006

Mise en oeuvre

Réussir la construction d’un local agroalimentaire nécessite une totale coopération du maître d’ouvrage, du maître d’oeuvre et des différents corps d’état et ce, à toutes les étapes de la conception de l’ouvrage. Le fabricant de carreaux céramiques et l’entreprise de pose, nécessairement rompue à ce type de travaux et qualifiée 6312, 6313 et 6334, doivent être choisis avant le démarrage des travaux de gros oeuvre. L’un et l’autre doivent participer à l’étude des plans de calepinage, aux définitions des plans de réservation (cotes, profils, implantation des joints de dilatation et de fractionnement, des siphons et des caniveaux…). La qualité du résultat final passe nécessairement par un travail de concertation au cours de la phase préparatoire du chantier.

A. EN SOL

1. Pentes

Comme l’impose l’article R.233-6 du Code du Travail (voir Obligations réglementaires), les sols doivent présenter une pente généralisée, de l’ordre de  1 à 2 %. Ces pentes sont dirigées vers les dispositifs d’écoulement des eaux souillées.

C’est lors de l’étude initiale du projet que les moyens visant l’évacuation rapide de l’eau et évitant sa stagnation doivent être prévus. Le support gros oeuvre avec ou sans étanchéité doit comporter les pentes.

Le revêtement collé ou son mortier de pose dans le cas d’une pose scellée doit suivre les pentes du support et être d’une épaisseur constante.


2. Joints de dilatation

Ils doivent résister aux sollicitations mécaniques et chimiques. Dans cette optique, un classement catégoriel des joints de dilatation peut être défini à partir des normes allemandes DIN 1072 et 1055. Il permet d’organiser les joints de dilatation en quatre classes de 1 à 4, correspondant à des sollicitations mécaniques croissantes, du trafic piétonnier au passage de charges lourdes.

Systèmes Céramiques® recommande recommande des joints de dilatation de classe 4 (cf. tableau) en inox, affleurant au niveau du revêtement fini et dont les bandes élastiques sont interchangeables. Les joints de dilatation doivent être fixés mécaniquement dans le support. Les carreaux posés de part et d’autre de ce joint, devront être des carreaux entiers.

Classe
Exemples d'usage
Poids total en charge (en kN*)
4
- Camionnettes et chariots élévateurs sur pneus
- Camionnettes (occasionnelles)
- Poids lourds
- Poids lourds (occasionnels)
- Chariots transpalettes à bandages rigides, par mm de largeur de roue
70

90
300
600
0,12
* 1 kN = 100 kg = 0,1 T
• Joints de dilatation de classe 4 associés à des carreaux céramiques
classés U4 P4S E3 C2,pour les locaux agroalimentaires

3. Siphons, caniveaux et grilles

L’inox répond à toutes les exigences en matière d’hygiène et d’ergonomie. Il permet d’éviter la prolifération et la dissémination des microorganismes. Les produits en inox sont robustes et facilement nettoyables. En agroalimentaire, le prescripteur doit préférer un inox alimentaire, type 304 L. En milieu très acide, le polyéthylène représente une solution alternative.

Systèmes Céramiques recommande les inox 316 L marine pour les milieux le nécessitant (produits de la mer, salaisons…).

Les siphons et caniveaux doivent être en nombre suffisant pour récupérer les eaux d’écoulement. Leur implantation doit être choisie dès la conception des locaux pour limiter au maximum le trajet des ruissellements et la stagnation des effluents, lesquels font généralement partie des voies de contamination.

Le choix du bon système d’évacuation dépend des réponses apportées aux éléments suivants :
- débit à traiter selon la surface du local (ex. : récupération des eaux de lavage) et/ou position et nombre de siphons (ex. : récupération des liquides de processus).
- passage de charges (couverture du siphon renforcée ou pas)
- capacité de panier (un atelier de découpe de viande demande un volume de
panier plus important qu’une laiterie car les matières solides risquent d’obstruer plus rapidement un petit panier, ne permettant plus l’écoulement de l’eau).

Systèmes Céramiques recommande :
- de ne pas installer de systèmes d’évacuation en chambre froide négative
- d’utiliser un siphon avec rosette pleine et étanche pour :
 • les pédiluves (afin de contrôler l’évacuation des liquides)
 • les chambres froides (afin d’éviter remontées d’odeurs ou appels d’air).



Coupe de principe d’implantation d’un caniveau
1 Carreaux Céramiques
2 Barbotine ou colle
3 Mortier de pose ou chape
4 Etanchéité
5 Béton
6 Tuyau d’évacuation
7 Mortier de pose ou forme de protection
8 Caniveau
9 Platine ou moignon
10 Joint epoxy ou polyuréthanne si chocs thermiques (largeur:0,5 à 1 cm ; dureté Shore A : 70 mini)
11Cornière dormante
12 Caillebotis

4. Trappes

Les regards, intérieurs ou extérieurs, peuvent être assurés par une trappe de sol, spécialement conçue pour tous les locaux où une hygiène parfaite est requise. Certains modèles en acier inoxydable (304 L pour le secteur agroalimentaire), équipés d’une double étanchéité (aux liquides et aux odeurs),
offrent une bonne résistance aux acides et détergents utilisés dans les locaux agroalimentaires. Le prescripteur doit être vigilant et choisir un modèle répondant aux contraintes mécaniques générées par l’activité du local.

5. Pose et joints intercarreaux

Le prescripteur doit faire son choix parmi les méthodes de mise en oeuvre en fonction des produits en présence et du protocole de nettoyage (procédé + produits d’entretien) adopté dans le local. La pose doit, dans tous les cas, correspondre aux exigences minimum des locaux U4 P4S E3 C2.
RESISTANCE DES JOINTS EPOXY AUX PRODUITS CHIMIQUES
Ce tableau, non exhaustif, constitue un récapitulatif des produits testés par la plupart des fabricants.
Résistant jusqu’aux
concentrations
indiquées (%)
Résistant jusqu’aux concentrations indiquées (%) Contact occasionnel :
Produit corrosif éliminé par lavage dans les heures suivant le contact
Acides Minéraux
Acide sulfurique
Acide nitrique
Acide phosphorique
Acide chlorhydrique
50
20
50
37
*
*
75
*
Acides Organiques
Acides lactique / acétique
Acide citrique
Acide formique
Acide oxalique
2,5
10
2,5
10
10
*
5
*
Alcalis et Solutions salines
Solution ammoniaque
Soude et potasse caustiques
Hypochlorite de soude

Solution saturée de chlorure
Solution sucrée
25
30
chlore actif 6,428 g/litre
Oui
50
*
50
*

Oui
*
Huile et graisse
Huile animale / végétale
Oui
Oui
Solvants
Alcool éthylique
Glycérine
*
Oui
96
Oui
* Consulter le fabricant

Pose :
pose scellée adhérente ou désolidarisée : se référer à la norme NF P61-202 (référence DTU 52-1), pose scellée dans les locaux à fortes sollicitations.

Systèmes Céramiques® recommande :

- dans le cadre d’une pose scellée, l’utilisation d’une machine à battre.

Pour renforcer la résistance à la compression, il peut être demandé de doper le mortier avec un adjuvant. Celui-ci devra être conforme au DTU 52.1 ou faire l’objet d’une Enquête de Technique Nouvelle (ETN) en vigueur et obtenir l’avis favorable du bureau de contrôle du chantier considéré. Dans ce dernier cas, le poseur devra se rapprocher préalablement de son assureur. 

pose collée :
Que ce soit en utilisant un mortier colle ou des colles à base de résine époxy les critères suivants doivent être respectés :
- Tolérances de planéité du support : 5 mm sous la règle de 2 m et 2 mm sous le réglet de 20 cm
- Préparation du support par grenaillage.

Pour un mortier-colle hydraulique il doit être certifié au moins C2 ou C2-S1/S2 par le CSTB avec caractéristiques adaptées à l’emploi en locaux P4/P4S. Son mode d’encollage et ses délais de mise en service sont spécifiés dans le cahier des charges du fabricant associé au certificat CSTB.

Les fiches techniques des produits époxy devront impérativement préciser la fonction « collage ».

• Joints intercarreaux
Nature des joints :

Plusieurs types de joints sont envisageables en fonction des agressions chimiques et/ou mécaniques du local :
- hydrauliques anti-acides
- à base de résines réactives (ex. : époxy).

Systèmes Céramiques® recommande :
- d’utiliser les mortiers de joint intercarreaux classés RG pour les époxy ou CG2 pour les mortiers à base de ciment selon la norme NF EN 13 888.
- pour l’application des joints époxy :
- de remplir à l’aide d’une taloche de caoutchouc dur,
- d’émulsionner à l’aide d’une monobrosse équipée d’un feutre abrasif léger,
- de nettoyer à l’aide d’une machine électrique à rouleau éponge.

Largeur des joints :
La largeur des joints est fonction, pour un carreau, de sa nature, de ses dimensions et de la tolérance nominale sur ses dimensions.
En pose collée, la largeur nominale minimale des joints est :
3 mm dans le cas de mortier de jointoiement à base de liant hydraulique
5 mm dans le cas de mortier de jointoiement époxy.

Que ce soit en pose collée ou en pose scellée, compte-tenu de l’épaisseur des carreaux préconisés en agroalimentaire (11 mm minimum), Systèmes Céramiques® recommande une largeur de joints intercarreaux :
5 mm mini pour des grès pressés
•  6 mm mini pour des grès étirés
La bonne mesure se situe dans une fourchette comprise entre 5 et 10 mm quelle que soit la nature du joint.

6. Joints de fractionnement en local P4 et P4S

En pose collée, seuls les joints du support doivent être respectés, il n’est pas nécessaire de prévoir de fractionnement complémentaire du carrelage. Les joints de fractionnement du revêtement doivent suivre au plus près ceux du support. De 6 à 10 mm de large environ, ils sont exécutés dans la totalité de l’épaisseur du mortier colle et du carrelage, sont ensuite garnis d’un fond de joint et sont remplis avec un mastic de dureté Shore A > 60 suivant les indications du fabricant de mastic.

- En pose scellée adhérente, les joints de fractionnement sont positionnés tous les 60 m2 maximum. Les couloirs sont fractionnés par tranche de l’ordre de 8 m de longueur.
- En pose scellée désolidarisée les joints de fractionnement sont positionnés tous les 40 m2 maximum. Les couloirs sont fractionnés par tranche de l’ordre de 6 m de longueur.
- Lorsqu’ils sont réservés à la pose, les joints de fractionnement mesurent environ 5 mm de large et sont réalisés suivant une ligne de joint des carreaux. Ils sont ensuite remplis lors des travaux de finition d’un mastic de dureté shore
A > 60. Ils peuvent également être réalisés par la mise en place dans le mortier frais d’un profilé compressible.
- Les joints de fractionnement peuvent être pratiqués par sciage dans un délai de 2 à 5 jours après la réalisation du revêtement. Ils mesurent environ 3 mm de large et sont garnis d’un mastic de dureté shore A > 60. Les joints de fractionnement doivent intéresser au moins les deux tiers de l’épaisseur carrelage + mortier de pose + éventuellement les formes de type E-F-G (selon DTU 52.1), si elles sont revêtues avant 30 jours de séchage.

7. Plinthes
Systèmes Céramiques® recommande
:
- les plinthes à gorge en céramique, équipées des angles rentrants et sortants
assortis
- les profilés à gorge en céramique ou en inox

Ces dispositifs permettront de satisfaire au mieux les exigences d’hygiène inhérentes aux locaux agroalimentaires en rendant les angles d’intersection entre sol et murs accessibles au nettoyage.

8. Etanchéité
L’étanchéité peut être réalisée de 3 façons différentes :
- Etanchéité traditionnelle : régie par la norme NF P 84-204 (réf. DTU 43.1) visant des supports à base ciment (béton, enduit).
- Etanchéité non traditionnelle :
- soit par Systèmes d’Etanchéité Liquide (SEL)
- soit par système d’étanchéité sous carrelage du type membrane préformée autoadhésive, natte ou plaques bitume armées.

Ces systèmes d’étanchéité doivent être relevés en périphérie, y compris au pourtour des socles au pied des canalisations.

Les procédés d’étanchéité doivent bénéficier d’Avis Techniques voire, pour les SEL, d’Enquêtes de Technique Nouvelle (ETN) visées par un Bureau de Contrôle. Il convient de vérifier la date de validité de ces documents.

Dans le cas de mise en oeuvre de SEL en planchers intermédiaires intérieurs, en plus de l’ETN du produit, il faudra consulter les « Règles Professionnelles concernant les travaux d’étanchéité à l’eau par application de Systèmes d’Etanchéité Liquide sur planchers intermédiaires intérieurs ».

Systèmes Céramiques rappelle, qu’à ce jour, la pose collée de carrelage sur SEL est limitée aux locaux P3. Pour un ouvrage P4 ou P4S, il faudra procéder à une pose scellée de carrelage conformément à ces Règles Professionnelles.

Certains procédés non traditionnels sont compatibles soit avec une pose collée en mur ou en sol, soit avec une pose scellée en sol. D’autres ne sont compatibles qu’en pose collée (cf. AT ou ETN).

Les documents particuliers du marché doivent préciser qui est chargé de la réalisation de ces ouvrages intermédiaires.

Pose collée aux mortiers époxy :
l’option d’une entreprise spécialisée en agroalimentaire
L’opération s’effectue sur dallage. Le sol est grenaillé ou raboté. L’application d’un primaire peut s’avérer nécessaire en fonction de la fermeture du béton. Le carrelage est ensuite collé à l’aide d’un mortier époxy. Après la pose du carrelage (la polymérisation se fait en +/- 24 heures), l’entreprise passe, à l’aide d’un rouleau, un produit de protection à base de paraffine sur les carreaux. Après séchage de cette protection (+/- 12 heures), les joints sont coulés : la composition et la granulométrie de la résine et du durcisseur employés sont proches du mélange utilisé pour la pose des carreaux céramiques. La formulation, pratiquement autolissante, est appliquée à la raclette. Après un délai de 48 heures minimum, le sol est lavé à haute pression (120 bars – 90/100°). Ce lavage a pour but de débarrasser les carreaux de la pellicule de protection. Les joints, formulés sur site, sont, une fois finis, affleurants, brillants et serrés. L’opération, quoiqu’un peu plus délicate, est également réalisable sur des carreaux antidérapants.

B. EN MURAL

Les seuls supports muraux admis en pose collée directe dans ces locaux sont les supports base ciment (béton, enduits, voire les carreaux de terre cuite montés à liant ciment) tels que définis dans le CPT n° 3265_V3.

Ce CPT indique dans le cas de carreaux de terre cuite montés à liant ciment, avec un revêtement est sensible à l’eau prévu de l’autre côté de la paroi, l’obligation d’appliquer un SPEC sous toute la surface carrelée allant jusqu’au plafond (ou plafond suspendu).

Systèmes Céramiques® recommande :
- de protéger les parois verticales des chocs par une lisse de protection en inox fixée à une hauteur adaptée.

- de doubler les murs à l’aide de panneaux prêts à carreler, bénéficiant d’un Avis
Technique favorable à cet emploi, dans tous les locaux contigus classés EB+ collectifs au plus présentant des écarts thermiques importants. Ces panneaux ayant un pouvoir isolant thermique, cette disposition préviendra la formation de condensation indésirable sur les surfaces (conformément au chapitre 1, § 2, alinéa b) de l’Annexe de la Directive 93/43/CEE du Conseil du 14 juin 1993, relative à l’hygiène des denrées alimentaires).

« fiches d'informations générales qui ne peuvent en aucune manière remplacer une étude personnalisée adaptée à chaque cas. » « Avant toute mise en pratique, l'utilisateur ou le lecteur doit prendre soin de s'assurer de l'actualité des informations contenues dans les présentes fiches. »

OC COM Photos : E. Vallée

 

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