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Réussir
la construction d’un local agroalimentaire nécessite une totale
coopération du maître d’ouvrage, du maître d’oeuvre
et des différents corps d’état et ce, à toutes les
étapes de la conception de l’ouvrage. Le fabricant de carreaux
céramiques et l’entreprise de pose, nécessairement rompue
à ce type de travaux et qualifiée 6312, 6313 et 6334,
doivent être choisis avant le démarrage des travaux de
gros oeuvre. L’un et l’autre doivent participer à l’étude
des plans de calepinage, aux définitions des plans de
réservation (cotes, profils, implantation des joints de
dilatation et de fractionnement, des siphons et des caniveaux…). La
qualité du résultat final passe nécessairement par
un travail de concertation au cours de la phase préparatoire du
chantier.
A. EN SOL
1. Pentes
Comme
l’impose l’article R.233-6 du Code du Travail (voir Obligations
réglementaires), les sols doivent présenter une pente
généralisée, de l’ordre de 1 à 2 %.
Ces pentes sont dirigées vers les dispositifs
d’écoulement des eaux souillées.
C’est lors de
l’étude initiale du projet que les moyens visant
l’évacuation rapide de l’eau et évitant sa stagnation
doivent être prévus. Le support gros oeuvre avec ou sans
étanchéité doit comporter les pentes.
Le
revêtement collé ou son mortier de pose dans le cas d’une
pose scellée doit suivre les pentes du support et être
d’une épaisseur constante.
2. Joints de dilatation
Ils doivent résister aux
sollicitations mécaniques et chimiques. Dans cette optique, un
classement catégoriel des joints de dilatation peut être
défini à partir des normes allemandes DIN 1072 et 1055.
Il permet d’organiser les joints de dilatation en quatre classes de 1
à 4, correspondant à des sollicitations mécaniques
croissantes, du trafic piétonnier au passage de charges lourdes.
Systèmes
Céramiques® recommande recommande des joints
de dilatation de classe 4 (cf. tableau) en inox, affleurant au niveau
du revêtement fini et dont les bandes élastiques sont
interchangeables. Les joints de dilatation doivent être
fixés mécaniquement dans le support. Les carreaux
posés de part et d’autre de ce joint, devront être des
carreaux entiers.
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Classe
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Exemples
d'usage
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Poids
total en charge (en kN*)
|
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4
|
- Camionnettes et chariots
élévateurs sur pneus
- Camionnettes (occasionnelles)
- Poids lourds
- Poids lourds (occasionnels)
- Chariots transpalettes à bandages rigides, par mm de largeur
de roue |
70
90
300
600
0,12
|
* 1 kN = 100 kg = 0,1 T
• Joints de dilatation de classe 4 associés à des
carreaux céramiques
classés U4 P4S E3 C2,pour les locaux agroalimentaires |
3. Siphons, caniveaux
et grilles
L’inox
répond à toutes les exigences en matière
d’hygiène et d’ergonomie. Il permet d’éviter la
prolifération et la dissémination des microorganismes.
Les produits en inox sont robustes et facilement nettoyables. En
agroalimentaire, le prescripteur doit préférer un inox
alimentaire, type 304 L. En milieu très acide, le
polyéthylène représente une solution alternative.
Systèmes Céramiques recommande
les inox 316 L marine pour les milieux le nécessitant (produits
de la mer, salaisons…).
Les siphons et caniveaux doivent être en nombre suffisant pour
récupérer les eaux d’écoulement. Leur implantation
doit être choisie dès la conception des locaux pour
limiter au maximum le trajet des ruissellements et la stagnation des
effluents, lesquels font généralement partie des voies de
contamination.
Le choix du bon système d’évacuation dépend des
réponses apportées aux éléments suivants :
- débit à traiter selon la surface du local (ex. :
récupération des eaux de lavage) et/ou position et nombre
de siphons (ex. : récupération des liquides de processus).
- passage de charges (couverture du siphon renforcée ou pas)
- capacité de panier (un atelier de découpe de viande
demande un volume de
panier plus important qu’une laiterie car les matières solides
risquent d’obstruer plus rapidement un petit panier, ne permettant plus
l’écoulement de l’eau).
Systèmes
Céramiques recommande :
- de ne pas installer de systèmes d’évacuation en chambre
froide négative
- d’utiliser un siphon avec rosette pleine et étanche pour :
• les pédiluves (afin de contrôler l’évacuation des
liquides)
• les chambres froides (afin d’éviter remontées d’odeurs
ou appels d’air).

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Coupe
de principe d’implantation d’un caniveau
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1 Carreaux
Céramiques
2 Barbotine ou colle
3 Mortier de pose ou chape
4 Etanchéité
5 Béton
6 Tuyau d’évacuation
7 Mortier de pose ou forme de protection
|
8 Caniveau
9 Platine ou moignon
10 Joint epoxy ou polyuréthanne si chocs thermiques (largeur:0,5
à 1 cm ; dureté Shore A : 70 mini)
11Cornière dormante
12 Caillebotis |
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4. Trappes
Les regards,
intérieurs ou extérieurs, peuvent être
assurés par une trappe de sol, spécialement conçue
pour tous les locaux où une hygiène parfaite est requise.
Certains modèles en acier inoxydable (304 L pour le secteur
agroalimentaire), équipés d’une double
étanchéité (aux liquides et aux odeurs),
offrent une
bonne résistance aux acides et détergents utilisés
dans les locaux agroalimentaires. Le prescripteur doit être
vigilant et choisir un modèle répondant aux contraintes
mécaniques générées par l’activité
du local.
5. Pose et joints
intercarreaux
Le
prescripteur doit faire son choix parmi les méthodes de mise en
oeuvre en fonction des produits en présence et du protocole de
nettoyage (procédé + produits d’entretien) adopté
dans le local. La pose doit, dans tous les cas, correspondre aux
exigences minimum des locaux U4 P4S E3 C2.
| RESISTANCE DES JOINTS EPOXY AUX PRODUITS CHIMIQUES |
|
Ce tableau, non
exhaustif, constitue un récapitulatif des produits testés
par la plupart des fabricants.
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Résistant
jusqu’aux
concentrations
indiquées (%)
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Résistant
jusqu’aux concentrations indiquées (%) Contact occasionnel :
Produit corrosif éliminé par lavage dans les heures
suivant le contact
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Acides Minéraux
|
Acide sulfurique
Acide nitrique
Acide phosphorique
Acide chlorhydrique
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50
20
50
37
|
*
*
75
*
|
|
Acides Organiques
|
Acides lactique /
acétique
Acide citrique
Acide formique
Acide oxalique
|
2,5
10
2,5
10
|
10
*
5
*
|
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Alcalis et Solutions
salines
|
Solution ammoniaque
Soude et potasse caustiques
Hypochlorite de soude
Solution saturée de chlorure
Solution sucrée
|
25
30
chlore actif 6,428 g/litre
Oui
50
|
*
50
*
Oui
*
|
|
Huile et graisse
|
Huile animale /
végétale
|
Oui
|
Oui
|
|
Solvants
|
Alcool éthylique
Glycérine
|
*
Oui
|
96
Oui
|
| * Consulter le fabricant |
• Pose :
pose scellée adhérente ou
désolidarisée : se référer à la
norme NF P61-202 (référence DTU 52-1), pose
scellée dans les locaux à fortes sollicitations.
Systèmes
Céramiques® recommande :
- dans le
cadre d’une pose scellée, l’utilisation d’une machine à
battre.
Pour renforcer la résistance à la compression, il peut
être demandé de doper le mortier avec un adjuvant.
Celui-ci devra être conforme au DTU 52.1 ou faire l’objet d’une
Enquête de Technique Nouvelle (ETN) en vigueur et obtenir l’avis
favorable du bureau de contrôle du chantier
considéré. Dans ce dernier cas, le poseur devra se
rapprocher préalablement de son assureur.
pose collée :
Que ce soit en utilisant un mortier colle ou des colles à base
de résine époxy les critères suivants doivent
être respectés :
- Tolérances de planéité du support : 5 mm sous la
règle de 2 m et 2 mm sous le réglet de 20 cm
- Préparation du support par grenaillage.
Pour un mortier-colle
hydraulique il doit être certifié au moins C2 ou C2-S1/S2
par le CSTB avec caractéristiques adaptées à
l’emploi en locaux P4/P4S. Son mode d’encollage et ses délais de
mise en service sont spécifiés dans le cahier des charges
du fabricant associé au certificat CSTB.
Les fiches techniques des
produits époxy devront impérativement préciser la
fonction « collage ».
• Joints intercarreaux
Nature des joints :
Plusieurs types de joints sont
envisageables en fonction des agressions chimiques et/ou
mécaniques du local :
- hydrauliques anti-acides
- à base de résines réactives (ex. :
époxy).
Systèmes
Céramiques® recommande :
- d’utiliser les mortiers de joint intercarreaux classés RG pour
les époxy ou CG2 pour les mortiers à base de ciment selon
la norme NF EN 13 888.
- pour l’application des joints époxy :
- de remplir à l’aide d’une taloche de caoutchouc dur,
- d’émulsionner à l’aide d’une monobrosse
équipée d’un feutre abrasif léger,
- de nettoyer à l’aide d’une machine électrique à
rouleau éponge.
Largeur des joints :
La largeur des joints est fonction, pour un carreau, de sa nature, de
ses dimensions et de la tolérance nominale sur ses dimensions.
En pose collée, la largeur nominale minimale des joints est :
• 3 mm dans le cas de mortier
de jointoiement à base de liant hydraulique
• 5 mm dans le cas de mortier
de jointoiement époxy.
Que ce soit en pose
collée ou en pose scellée, compte-tenu de
l’épaisseur des carreaux préconisés en
agroalimentaire (11 mm minimum), Systèmes
Céramiques® recommande une largeur de joints
intercarreaux :
• 5 mm mini pour des
grès pressés
• 6 mm mini pour des
grès étirés
La bonne mesure se situe dans une fourchette comprise entre 5 et 10 mm
quelle que soit la nature du joint.
6. Joints de
fractionnement en local P4 et P4S
En pose
collée, seuls les joints du support doivent être
respectés, il n’est pas nécessaire de prévoir de
fractionnement complémentaire du carrelage. Les joints de
fractionnement du revêtement doivent suivre au plus près
ceux du support. De 6 à 10 mm de large environ, ils sont
exécutés dans la totalité de l’épaisseur du
mortier colle et du carrelage, sont ensuite garnis d’un fond de joint
et sont remplis avec un mastic de dureté Shore A > 60 suivant les
indications du fabricant de mastic.
- En pose scellée adhérente, les joints de fractionnement
sont positionnés tous les 60 m2 maximum. Les couloirs sont
fractionnés par tranche de l’ordre de 8 m de longueur.
- En pose scellée désolidarisée les joints de
fractionnement sont positionnés tous les 40 m2 maximum. Les
couloirs sont fractionnés par tranche de l’ordre de 6 m de
longueur.
- Lorsqu’ils sont réservés à la pose, les joints
de fractionnement mesurent environ 5 mm de large et sont
réalisés suivant une ligne de joint des carreaux. Ils
sont ensuite remplis lors des travaux de finition d’un mastic de
dureté shore
A > 60. Ils peuvent également être
réalisés par la mise en place dans le mortier frais d’un
profilé compressible.
- Les joints de fractionnement peuvent être pratiqués par
sciage dans un délai de 2 à 5 jours après la
réalisation du revêtement. Ils mesurent environ 3 mm de
large et sont garnis d’un mastic de dureté shore A > 60. Les
joints de fractionnement doivent intéresser au moins les deux
tiers de l’épaisseur carrelage + mortier de pose +
éventuellement les formes de type E-F-G (selon DTU 52.1), si
elles sont revêtues avant 30 jours de séchage.
7. Plinthes
Systèmes Céramiques®
recommande :
- les plinthes à gorge en céramique,
équipées des angles rentrants et sortants
assortis
- les profilés à gorge en céramique ou en inox
Ces dispositifs permettront de
satisfaire au mieux les exigences d’hygiène inhérentes
aux locaux agroalimentaires en rendant les angles d’intersection entre
sol et murs accessibles au nettoyage.
8.
Etanchéité
L’étanchéité peut être
réalisée de 3 façons différentes :
- Etanchéité traditionnelle : régie par la norme
NF P 84-204 (réf. DTU 43.1) visant des supports à base
ciment (béton, enduit).
- Etanchéité non traditionnelle :
- soit par Systèmes d’Etanchéité Liquide (SEL)
- soit par système d’étanchéité sous
carrelage du type membrane préformée autoadhésive,
natte ou plaques bitume armées.
Ces
systèmes d’étanchéité doivent être
relevés en périphérie, y compris au pourtour des
socles au pied des canalisations.
Les
procédés d’étanchéité doivent
bénéficier d’Avis Techniques voire, pour les SEL,
d’Enquêtes de Technique Nouvelle (ETN) visées par un
Bureau de Contrôle. Il convient de vérifier la date de
validité de ces documents.
Dans le cas de
mise en oeuvre de SEL en planchers intermédiaires
intérieurs, en plus de l’ETN du produit, il faudra consulter les
« Règles Professionnelles concernant les travaux
d’étanchéité à l’eau par application de
Systèmes d’Etanchéité Liquide sur planchers
intermédiaires intérieurs ».
Systèmes
Céramiques rappelle, qu’à ce jour, la pose collée
de carrelage sur SEL est limitée aux locaux P3. Pour un ouvrage
P4 ou P4S, il faudra procéder à une pose scellée
de carrelage conformément à ces Règles
Professionnelles.
Certains
procédés non traditionnels sont compatibles soit avec une
pose collée en mur ou en sol, soit avec une pose scellée
en sol. D’autres ne sont compatibles qu’en pose collée (cf. AT
ou ETN).
Les documents
particuliers du marché doivent préciser qui est
chargé de la réalisation de ces ouvrages
intermédiaires.
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Pose
collée aux mortiers époxy :
l’option d’une entreprise spécialisée en agroalimentaire
|
| L’opération
s’effectue sur dallage. Le sol est grenaillé ou raboté.
L’application d’un primaire peut s’avérer nécessaire en
fonction de la fermeture du béton. Le carrelage est ensuite
collé à l’aide d’un mortier époxy. Après la
pose du carrelage (la polymérisation se fait en +/- 24 heures),
l’entreprise passe, à l’aide d’un rouleau, un produit de
protection à base de paraffine sur les carreaux. Après
séchage de cette protection (+/- 12 heures), les joints sont
coulés : la composition et la granulométrie de la
résine et du durcisseur employés sont proches du
mélange utilisé pour la pose des carreaux
céramiques. La formulation, pratiquement autolissante, est
appliquée à la raclette. Après un délai de
48 heures minimum, le sol est lavé à haute pression (120
bars – 90/100°). Ce lavage a pour but de débarrasser les
carreaux de la pellicule de protection. Les joints, formulés sur
site, sont, une fois finis, affleurants, brillants et serrés.
L’opération, quoiqu’un peu plus délicate, est
également réalisable sur des carreaux
antidérapants. |
B. EN MURAL
Les seuls
supports muraux admis en pose collée directe dans ces locaux
sont les supports base ciment (béton, enduits, voire les
carreaux de terre cuite montés à liant ciment) tels que
définis dans le CPT n° 3265_V3.
Ce CPT indique dans le cas de carreaux de
terre cuite montés à liant ciment, avec un
revêtement est sensible à l’eau prévu de
l’autre côté de la paroi, l’obligation d’appliquer
un SPEC sous toute la surface carrelée allant
jusqu’au plafond (ou plafond suspendu).
Systèmes
Céramiques® recommande :
- de protéger les parois verticales des chocs par une lisse de
protection en inox fixée à une hauteur adaptée.
- de doubler les murs à
l’aide de panneaux prêts à carreler,
bénéficiant d’un Avis
Technique favorable à cet emploi, dans tous les locaux contigus
classés EB+ collectifs au plus présentant des
écarts thermiques importants. Ces panneaux ayant un pouvoir
isolant thermique, cette disposition préviendra la formation de
condensation indésirable sur les surfaces (conformément
au chapitre 1, § 2, alinéa b) de l’Annexe de la Directive
93/43/CEE du Conseil du 14 juin 1993, relative à
l’hygiène des denrées alimentaires).
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